CRIME DE LURS OU AFFAIRE DOMINICI : Un malaise persistant.
Une fillette, la petite Elizabeth Drummond 10 ans, est morte avec ses parents un soir de vacances d'été, non loin de la Grand' Terre, la ferme des Dominici.
C'était le 5 août 1952 à 1h10 du matin ....Le triple crime de Lurs allait bouleverser les esprits pour des décennies…
Au matin, trois cadavres gisent, assassinés. Les parents ont été tués par balles près de leur voiture, une Hillmann. Leur fille Elisabeth, le crâne fracassé, est étendue 80 mètres plus loin, au flanc d’un talus descendant vers la Durance.
La gendarmerie entame les premières constatations.
Rapidement, le Parquet de Digne, tenu informé du triple crime, confie l’enquête à la Police Judiciaire. Ses hommes, le commissaire Sébeille à leur tête, n’arriveront de Marseille que dans le courant de l’après-midi.
Pourtant, la chance va les aider ce même jour ...quand ils retrouveront dans la Durance une carabine, cassée en deux parties, dont ils vont établir très rapidement qu’elle est l’arme qui a servi à tuer la petite Elizabeth.
Dès le départ de leur enquête, ils ont en main l’arme du crime, une carabine US M1, de calibre 30, de marque Rock-Ola.
Les regards du commissaire vont rapidement se tourner vers la Grand' Terre où vivent Gaston et Marie Dominici avec leur belle-fille Yvette, née Barh, épouse du fils Gustave dont les déclarations embrouillées attirent les soupçons.
La difficile enquête va durer plus d'un an jusqu'au moment où Gustave, suivi par son frère Clovis, accusera son père du triple crime.
Gaston avouera à son tour, tout en mêlant à ses déclarations des détails invraisemblables.
Plus tard, Gustave et Gaston se rétracteront. Seul Clovis et Paul Maillet, un voisin, maintiendront jusqu'au bout leurs premières déclarations.
A la suite d’un procès retentissant et contesté, Gaston sera déclaré coupable du triple crime, à l’unanimité d’un jury populaire composé de paysans Bas-Alpins, comme lui. Il sera condamné à mort.
Sitôt le jugement rendu, il fera de nouvelles déclarations à ses avocats, mettant en cause son fils Gustave et son petit-fils Roger Perrin.
Fait exceptionnel, une nouvelle enquête sera ordonnée par le garde des Sceaux et confiée au commissaire divisionnaire Charles Chenevier. Gaston Dominici ne sera plus aussi net dans ses accusations. L’enquête sera conclue par une ordonnance de non-lieu du juge Carrias de Digne qui a succédé au juge Periès.
Gaston est gracié par le président Coty en 1956. Sa peine est commuée en réclusion criminelle à perpétuité. Par un nouveau décret de Charles de Gaulle, Gaston Dominici est libéré en 1960.
En avril 1965, Gaston Dominici meurt à Digne, emportant son secret.
Depuis, le mystère n’est pas dissipé. Que s’est-il réellement passé en cette nuit tragique du 5 août 1952 ?
Ce qui est devenu « l’affaire Dominici » a donné lieu à de nombreux écrits, plusieurs livres, des sites Internet, des émissions de télévision, plusieurs films aussi. Des thèses plus ou moins fantaisistes se sont fait jour.
Aujourd’hui, dans le forum mis à votre disposition, posez vos questions, donnez votre avis, sans tabou mais dans le respect de chacun. Contribuez ainsi à permettre une meilleure compréhension de cette affaire.
Une seule chose vous est demandée : que votre point de vue, dans la mesure du possible, repose sur des observations solides ou, à tout le moins, sensées.
Gardons en mémoire que nous discutons d’une affaire qui a pour origine la mort violente de trois innocents, dont une petite fille de dix ans qui voulait simplement passer une nuit sous les étoiles du ciel de Provence.